C’est aujourd’hui que c’est ouvert, en France, le procès très attendu du chanteur algérien à renommée internationale Cheb Mami. C’est au tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), que sera ainsi jugé l’artiste pour des faits très graves pour lesquelles il encoure jusqu’à dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Il est notamment accusé de tentative d’avortement forcé sur son ex-compagne.
Dés l’ouverture du procès Cheb Mami semble avoir les nerfs à vifs, il verse d’ailleurs quelques larmes et reconnaît avoir pété les plombs lorsqu’il a décidé de rentrer précipitamment en Algérie en mars 2007. « Ma mère était malade, ma femme me manquait, j’ai pété un plomb et je suis parti », a-t-il répondu après une question du tribunal lui demandant des explications sur sa fuite du territoire français. « Je me suis toujours dit dans ma tête que le jour du jugement, je serai présent », a assuré celui qui s’est fait arrêter par les forces de polices françaises lundi soir lors de sa descente d’avion à l’aéroport d’Orly.
Dans la matinée, dans cette première phase du procès le tribunal s’est surtout intéressé à la personnalité et à la carrière artistique de Cheb Mami. Père de trois enfants son entourage a décrit le chanteur comme quelqu’un de « gentil » et d’ »humain », parfois « un peu radin ».
Né à Saïda au sud d’Oran en Algérie, Cheb Mami, de son vrai nom Mohamed Khelifati, a commencé la chanson à l’âge de 12 ans. Dés son arrivée en France en 1985, il lance avec d’autres le mouvement du raï et devient en quinze ans une star internationale, un parcours couronné par un duo avec Sting en 2000 et le tube « Desert Rose ». Depuis son arrestation en 2006, il ne fait plus de musique, mais semble ne pas perdre l’espoir de recommencer, « Je compose, pour un jour, inch’Allah », a déclaré le chanteur.