Les participants au colloque international sur le cinéma africain ont appelé, hier à Alger, à mettre en œuvre un « Nepad du cinéma et de la culture » en Afrique afin de relancer le 7e art sur le continent mais aussi de le prendre en charge sur le plan matériel. Il s’agit de regroupements régionaux cinématographiques en Afrique ou de fédérations de producteurs et réalisateurs du continent qui s’apparentent au NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique), ont-ils expliqué au deuxième et dernier jour de ce colloque qui se tient à l’occasion du 2e festival panafricain qu’abrite l’Algérie du 5 au 20 juillet 2009. Dans son intervention, le producteur et réalisateur algérien, Boualem Benaïssa, a relaté l’expérience des entreprises privées de production audiovisuelle en Algérie, lesquelles avaient vu le jour dans les années 1990, faisant remarquer qu’elles manquent encore d’expérience dans la mesure où elles travaillent seulement pour la télévision algérienne.
De son côté, le réalisateur et producteur tunisien, Nadjib Ayad qui est également secrétaire général des producteurs tunisiens, a déploré que les sources de financement se tarissent en Occident, ce qui affecte le financement du cinéma africain. En ce sens, il a appelé les cinéastes africains à se prendre en charge en se regroupant pour produire leurs films, tout en regrettant que dans certains pays africains, le cinéma ne représente pas du tout une priorité.
« Les pays africains doivent plutôt aller vers la stratégie de l’image et ne plus considérer le cinéma comme un art à part », a constaté M. Ayad, soutenant qu’ »il n’y a qu’une seule stratégie entre le cinéma et la télévision ». Selon ce cinéaste tunisien, il y a actuellement 600 chaînes satellitaires arabes dont un tiers sont spécialisées dans la fiction. Il a expliqué que ces chaînes qui s’intéressaient au cinéma égyptien, une véritable industrie en la matière, se tournent actuellement vers le cinéma maghrébin d’où la nécessité d’aller vers des regroupements et des coproductions, a-t-il recommandé.
(Source APS)